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Fais-la partir loin. Loin de moi et de tout. Qu’elle ne puisse plus nuire à qui que ce soit. Surtout moi. Elle infeste ma tête et me ronge. Bientôt, ce ne sera plus qu’un corps vide, sans le moindre sentiment, la moindre expression. Sans âme. A cause de cette folie que je n’ose nommer par peur d’aggraver ma lente destruction. Elle est là, innocente; comme si tout allait bien, comme si détruite mon cerveau était anodin. Comme si hanter mes nuits et m’empêcher de fermer l’oeil était commun. J’espère que dans mon esprit, elle se sent bien, et que je ne suis pas trop encombrant. Lorsque je regarde en moi, je n’ai qu’un aperçu du chaos qui y règne, et qui sera bientôt là, à la vue de tous. Et tous payeront le prix de ma folie.

Bientôt 4 heure du matin. Et mes yeux ne se ferment toujours pas. Tandis qu’un mélancolique violon sonne dans ma tête, que les voix surplombent de leurs malicieux dires. Pourquoi, pourquoi fallait-il que ce soit différent? Que j’y trouve une distinction presque imaginaire? Que malgré tout, je persiste à croire à une deuxième, cet espoir aussi réel que les doutes qui torturent mon esprit calciné, déjà tant torturé, en proie au doute et à une constante peur jamais nommée. Je n’en dors plus, je m’écroule de fatigue sur les tables. Mais mes réflexions et mes songes qui ressurgissent chaque soir m’empêche de trouver la moindre parcelle de sommeil. Et quand bien même mes yeux se ferment, je les rouvres aussitôt, tant ces visions m’horrifient et m’appeurent. J’ai peur, de vivre de cette manière. Ce n’est pas ce que je veux. Je n’aurais plus qu’a me receuillir et déposer une fleur sur ma propre tombe, sur laquelle le corbeau trônera fièrement, un soir d’hiver, ou le froid et la neige s’abatteront sur les toits des gens insouciants et heureux de vivre.
Comme je vous envie.

La pluie ne tombe plus. Terminé le doux bruit des gouttes s’ecrasant contre le toit et ma fenêtre. Ce simple bruit, sur lequel je porte mon attention, disparaît soudainement, comme il est venu. C’est un lourd, pesant silence qui s’installe en lieu et place de l’averse qui se manifeste . Que manifeste-t-elle? Sa colère? Son désespoir? Nous ne le saurons peut-être, et sûrement, jamais. Je ne peux qu’affirmer leur effet soudain à faire tomber un voile de tristesse. Ce voile s’epaissit au fur et à mesure que l’eau s’abat, et empire encore plus lorsque ce fameux silence prends place et s’installe, prend ses aises dans mon cerveau, et embrume ce dernier. Il trouble mes pensées et mes réflexions avec une fumée masquant bien des choses. Elle masque, oui, la vérité, surtout la vérité. Et c’est peut-être ce que l’on cherche à faire, finalement. Nier la vérité, par tous les moyens mis à disposition.

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